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stratégie

19 mar
2010

France Télécom : les actionnaires-salariés dénoncent un dividende trop élevé

par: Hélène Marcy et Sébastien Crozier - thème: Revue de Presse - mots clefs: actionnariat > dividendes > résultats > stratégie - 0 commentaire

Dans un article du 18 mars, Distributique relaie nos analyses concernant la distribution des dividendes :

Elle n’est pas connue du grand public, mais cette association peut émettre des jugements qui intéresseront au-delà du seul cas de France Télécom. L’ADEAS, Association pour la Défense de l’Epargne et de l’Actionnariat des Salariés de France Télécom – Orange, s’élève contre la politique de dividendes élevés menée par la direction de l’opérateur.

La suite sur le site de Distributique.

02 fév
2010

La nomination de Stéphane Richard relève les préconisations des analystes

par: Hélène Marcy et Sébastien Crozier - thème: Nos analyses,Revue de Presse - mots clefs: analystes > bourse > stratégie - 0 commentaire

Les analystes d’Investir, qui suivent de près l’action France Télécom, relèvent leurs préconisations d’achat, et proposent un objectif de cours à 21€ (l’action est actuellement à 16,90 €), en lien avec la nomination de Stéphane Richard à la direction opérationnelle de l’entreprise :

Le passage de témoin entre Didier Lombard et Stéphane Richard sera effectif dans quelques semaines. Les défis qui attendent le nouveau directeur général sont nombreux mais nous restons positifs sur le dossier. Acheter pour viser 21 euros.

Souhaitons qu’ils aient raison : une remontée du cours pourrait diminuer la pression sur le versement de dividendes, et permettre à l’entreprise de relancer ses investissements, notamment dans la fibre et les réseaux en général. Une stratégie sans aucun doute plus favorable à la pérennité de l’entreprise, et donc des emplois associés.

20 jan
2010

Départ de Didier Lombard : l’espoir d’une ère nouvelle pour les salariés actionnaires de France Télécom

par: Hélène Marcy et Sébastien Crozier - thème: Communiqué de presse - mots clefs: Etat > stratégie - 2 commentaires

Monsieur Lombard a été le principal artisan d’une politique meurtrière, où les indicateurs du capitalisme financiers ont constitué les seuls outils de pilotage. L’ADEAS ne peut donc que saluer son départ, et s’oppose à ce qu’il reçoive quelque bonus ou prime exceptionnelle à cette occasion.

L’ADEAS souhaite que l’arrivée de Monsieur Richard voie l’avènement d’un nouveau projet industriel, et un changement en profondeur des méthodes de pilotage.

Des attentes fortes à l’égard d’une nouvelle Direction…

L’ADEAS demande à la nouvelle Direction de France Télécom de prendre la pleine mesure de ses responsabilités. Les salariés actionnaires attendent des gestes forts, qui permettent de tourner le dos à une logique de court terme, au profit d’un vrai projet industriel et collectif :

- La baisse immédiate du niveau des dividendes, qui saignent actuellement l’entreprise, au détriment de l’investissement et du désendettement.

- L’arrêt de la distribution de stock-options, qui a dévoyé le management de l’entreprise : les yeux rivés sur les cours de bourse, les plus hauts dirigeants en sont devenus incapables de piloter l’entreprise en tenant compte du facteur humain.

- L’arrêt d’une politique uniquement basée sur la réduction des coûts, où les personnels ne sont plus considérés que comme une charge, et qui abîme l’image de notre entreprise. Il faut au contraire permettre aux équipes de mettre en œuvre une offre de qualité, au bénéfice du service rendu à la clientèle.

- La reprise de l’investissement dans les réseaux du futur, tels la fibre, afin que l’entreprise reste au top niveau de la technologie et puisse préparer les services de demain qui assureront sa pérennité.

… mais aussi de l’État, actionnaire de l’entreprise et régulateur du marché

L’ADEAS demande également à l’État de prendre toutes ses responsabilités dans l’organisation d’un marché des télécommunications qui profite à l’intérêt national, et notamment de légiférer sans attendre pour :

- Interdire les délocalisations à tous les opérateurs exploitant des ressources appartenant au patrimoine national, telles que les fréquences radios mises en concession au travers des licences 3G, ou bénéficiant de subventions au titre du grand emprunt. Si une telle mesure s’applique à l’ensemble des opérateurs, il n’y aura pas distorsion de concurrence. Cela permettra en revanche de retrouver 15 à 20 000 emplois en France, particulièrement nécessaires en période de crise.

- Mettre en place un cadre réglementaire stable et réaliste pour l’accès à l’économie numérique de chacun dont le déploiement de la fibre, assurant aux entreprises qui prennent le risque d’investir qu’elles ne seront pas pénalisées. Il faut permettre à France Télécom de faire ce qu’il a fait pour le déploiement de l’ADSL, et calquer l’organisation du marché de la fibre optique sur un modèle similaire. Ce nouveau réseau doit se mettre en place pour plusieurs décennies, il sera une infrastructure essentielle pour l’économie française : il ne doit donc pas être considéré comme le terrain d’expérimentation de modèles hasardeux.

- Légiférer pour interdire les attributions de stock-options, qui constituent aujourd’hui une part disproportionnée dans les revenus des dirigeants d’entreprises, et qui peuvent s’avérer aussi toxiques que les bonus des traders pour la pérennité des entreprises.

L’ADEAS milite pour un capitalisme à visage humain, où les bénéfices sont véritablement partagés entre les salariés et les actionnaires, où la stratégie industrielle garantissant la pérennité de l’entreprise prend le pas sur les stratégies financières de court terme.

31 août
2009

Régie de France Télévisions: France Télécom intéressé?

par: Hélène Marcy - thème: L'action de l'ADEAS,Revue de Presse - mots clefs: acquisition > diversification > publicité > stratégie - 0 commentaire

Source :  Challenges - 31.08.2009

Si la direction de France Télécom s’est refusée à tout commentaire, France Télévisions a elle confirmé avoir lancé une consultation sur l’ouverture du capital de sa régie publicitaire.

France Télécom pourrait acquérir 30 à 40% de la régie de France Télévisions, a-t-on appris lundi 31 août auprès du syndicat CFE-CGC-Unsa de France Télécom, qui a demandé des explications au P-DG, dans un courrier dont l’AFP a obtenu copie.
Après l’annonce, le 28 août, du rachat par France Télécom de la société Unanimis, présentée comme « le plus grand réseau exclusif de publicité numérique au Royaume-Uni », la CFE-CGC-Unsa « a fortuitement appris que le groupe France Télécom Orange était retenu en ‘short list’ pour prendre une participation de 30 à 40% dans la régie publicitaire France Télévisions Publicité », explique le syndicat dans sa lettre à Didier Lombard.
Si la direction de France Télécom s’est refusée à tout commentaire, France Télévisions a elle confirmé avoir lancé une consultation sur l’ouverture du capital de sa régie publicitaire.

Cap sur la pub

Pour le syndicat, « une telle prise de participation serait de nature à bousculer largement l’activité de notre Réseau Orange Network Advertising, en France particulièrement ». Il s’étonne donc « que France Télécom n’ait pas informé ses salariés de son intention de faire une proposition ferme d’acquisition ».
La CFE-CGC-Unsa demande ainsi au P-DG de « bien vouloir informer le Comité central dans les meilleurs délais » de « ces deux acquisitions qui infléchissent la stratégie de notre entreprise » et « génèreront des sorties de cash dont les conséquences opérationnelles sont loin d’être neutres ».
L’Association de défense de l’épargne de l’actionnariat des salariés (Adeas) se joint à cette demande « d’explications ».
France Télécom a annoncé vendredi le rachat d’Unanimis, régie britannique spécialisée dans la publicité de marques sur internet, pour un montant qui n’a pas été précisé. Le directeur d’Orange Publicité avait précisé vendredi à cette occasion que le rachat « contribuerait à servir l’ambition globale du groupe qui a annoncé sa volonté de faire croître le chiffre d’affaires de ses nouvelles activités de croissance -dont la publicité est un axe majeur- de 9 à 20% entre 2008 et 2012″.

14 juin
2008

Le rapprochement avec Teliasonera: un avenir pour France Télécom ?

par: Sébastien Crozier - thème: Nos analyses,Revue de Presse - mots clefs: acquisition > international > stratégie - 0 commentaire

Par Sébastien Crozier – samedi 14 juin 2008 – Agoravox

France Télécom vient d’annoncer une offre amicale depuis plus de 30 milliards d’euros sur l’opérateur finno-suédois TeliaSonera. Début d’une concentration liée aux désengagement des états ? Quelles sont alors les raisons de la chute du cours de bouse de l’action France Télécom ?

Un marché européen et mondial peu concentré

Il existe plus d’une quarantaine d’acteurs en Europe. Le secteur des télécoms n’étant plus le champ réservé des États mais désormais celui des marchés financiers, la concentration au nom de la maximisation de rentabilité du capital est donc inéluctable.

Alors qu’au début des années 2000, France Télécom était le 2e opérateur derrière Deutsche Télécom, il pointe aujourd’hui à la 4e place, dépassé par Telefonica, tant en terme de Chiffre d’affaires (57 contre 53) que de capitalisation boursière (46 contre 85), et Vodaphone.

France Télécom et Teliasonera, deux acteurs qui se connaissent bien

Rappelons pour mémoire que France Télécom et Teliasonera ont eu déjà eu l’occasion de se connaître.

En 2004, suite à l’attribution d’une des quatre licences UMTS à Orange Sverige, devant l’incapacité d’orange à respecter le calendrier, la licence a été cédée à Teliasonera et à Télé2.

La même année, France Télécom s’est désengagé du Danemark au profit de Teliasonera en cédant sa filiale mobile Orange Danemark pour 600 millions d’euros.

Bien que les démentis de France Télécom sur l’existence de discussions se soient succédés, tout au long du mois de mai, des échanges réguliers (et manquant étonnamment de discrétion) ont eu lieu au siège de France Télécom, place d’Alleray, avec des représentants de Teliasonera.

L’échec de la politique de versement d’un dividende élevé

L’affaire, à peine annoncée, ne semble pas bien « bouclée » : les demandes de l’État suédois visiblement négociées à l’avance entraînent une chute des cours de France Télécom qui crée à son tour une moins-value sur les échanges d’actions, elle-même entraînant de nouvelles exigences suédoises dans une spirale « perdant-perdant »…

A l’origine de cette absence de maîtrise ? Une politique de distribution de dividendes qui a conduit à affaiblir durablement la capitalisation boursière (à ce jour 46 milliards d’euros contre 85 pour Telefonica) et la capacité d’emprunt. L’acquisition par 16 milliards d’euros en cash et la mauvaise parité d’échange de titres donne donc raison à l’inquiétude des marchés financiers. Ce qui explique la chute de l’action en bourse.

L’opération de rapprochement avec Teliasonera cristallise l’échec de la politique poursuivie par la Direction de France Télécom et son principal actionnaire, l’État français. En distribuant plus de 8 milliards de dividendes en 3 ans – dans le seul but de satisfaire aux demandes d’un gouvernement anxieux de boucler ses fins de mois budgétaires -, France Télécom a maintenu un endettement et des frais financiers à un niveau élevé.

La CFE-CGC plaide depuis plusieurs années pour le renforcement des fonds propres de l’entreprise. Mais la Direction de l’entreprise obnubilée par le cours de bourse préfère organiser la pénurie du nombre de titres disponibles plutôt que d’essayer de convaincre les marchés par sa stratégie.

Ainsi, elle organise le rachat de ses propres actions. De même les actions d’une valeur de 200 millions d’euros, fictivement distribuées, ont été achetées sur le marché plutôt que créées en augmentation de capital. Il aurait été tout autant possible de payer les dividendes en titre pour augmenter régulièrement le capital. En ne le proposant pas, la Direction oblige les fonds de l’épargne salariale à racheter des titres sur le marché pour utiliser les liquidités issues du versement des dividendes, espérant ainsi provoquer une remontée d’un cours affaibli par le détachement du coupon.

Quel projet industriel ?

Sur le plan industriel, un certain nombre d’éléments plaident pour un rapprochement.

a) Presque aucun recouvrement géographique hormis l’Espagne et la Moldavie. A part ces deux pays, Il n’y aura donc pas de réductions d’effectifs d’importance

b) Un rééquilibrage entre les types de marchés. Les marchés d’Europe occidentale ne progressent plus en terme de pénétration, la valeur se déplace sur les contenus. En Europe de l’Est ou en Asie centrale, la croissance du nombre d’abonnés toujours présente même si le revenu moyen y est encore faible.

c) Des économies immédiates sur le réseau international (backbones). France Télécom pourrait mettre en commun ses infrastructures internationales avec celles de Teliasonera.

d) L’offre « grandes entreprises » sortirait renforcée. L’opération Teliasonera conduirait à des synergies importantes sur le marché des grandes entreprises.

Sur ces deux derniers points, c’est une économie presque immédiate de 100 millions d’euros qui serait réalisée grâce à la remarquable position de la société Equant, filiale à 100% de France Télécom depuis 2005 sur le marché des réseaux internationaux et des services aux multinationales.

Un projet aux nombreuses incertitudes

On aura tout de même noté le désengagement des pays scandinaves en 2004 (cf. ci-dessus) au nom des faibles perspectives de croissance de ces pays.

D’autres incertitudes subsistent.

a) L’extension de la marque Orange se heurterait à la position d’actionnaire minoritaire dans les principaux actifs de Teliasonera (en Russie et en Turquie) empêchant la mise en place des synergies tant attendues. Le conflit actuel opposant France Télécom à Orascom à propos de Mobinil en Égypte est une des illustrations de ces difficultés.

b) En Espagne, la réunion de deux acteurs possédant une licence mobile serait soumise à l’approbation des autorités locales et communautaires de la Concurrence. L’homme le plus riche du monde, Carlos Slim, patron du principal opérateur mexicain Telmex – auquel France Télécom a vendu sa participation à vil prix, il y a quelques années…–, avait, en février 2008, fait part de son désir de racheter Yoigo (l’opérateur mobile de Teliasonera en Espagne). Est-ce que cette demande constitue une opportunité pour France Télécom de se désendetter dès l’acquisition de Teliasonera ?

c) La couverture en Europe occidentale reste insuffisante. L’Allemagne et l’Italie resteraient absentes de la couverture géographique du nouvel opérateur, sans compter les pays Bas dont Orange est sorti. Face à Vodaphone, France Télécom parait bien faible.

d) Des économies réalisées sur le personnel ? France Télécom annonce des synergies dont le chiffrage est évalué à 1% du Chiffre d’Affaires. La moitié de ce gain passe par une réduction des effectifs dans la R&D et le marketing produits. C’est 5 000 emplois qui seront sacrifiés dont au moins 3 000 en France d’ici 2013.

Un changement de nom programmé

Comme l’avait annoncé la CFE-CGC, la Direction de France Télécom a l’intention de faire coter le nouveau groupe à Helsinki et Stockholm. Pour cela elle devra passer la raison sociale France Télécom sous l’appellation unique Orange.

Vers un désengagement des États ?

A l’issue de l’opération, l’État français détiendrait environ 20% du nouvel ensemble, l’État suédois 9% et l’État finlandais 3%.

Manger ou être mangé ? KPN, Deutsche Telekom, Orascom et les autres…

Il existe d’autres options pour France Télécom.

KPN est présent aux Pays Bas et en Allemagne offrant ainsi une complémentarité de couverture pour le déploiement de la marque Orange.

Les dirigeants d’Orascom ont indiqué publiquement il y a quelques mois, être intéressés par prendre une participation dans France Télécom. Orascom est présent en Italie et dans le pourtour méditerranéen, là où France Télécom est absent. L’opération d’échange faite avec une autre filiale de ce consortium spécialisé dans le ciment contre une participation dans Lafarge est une option tout à fait transposable. Les relations personnelles très dégradées entre les dirigeants des deux groupes (cf. affaire Mobinil évoquée plus haut) renvoient cette hypothèse à plus tard.

Récemment la presse allemande a indiqué que le gouvernement allemand était favorable à un rapprochement entre Deutsche Telekom et France Télécom. De capitalisation équivalente et disposant d’implantations complémentaires sauf en Grande Bretagne, il s’agirait d’une fusion entre égaux.

D’autres scénarios sont aussi possibles. Il y dix-huit mois Alfa group, maison mère d’un opérateur russe présent dans les républiques de l’ancienne URSS et fort d‘une capitalisation boursière de plus de 20 milliards d‘euros a indiqué son intérêt pour un rapprochement avec FT.

L’absence de noyau dur et la position des salariés-actionnaires

En l’absence d’autres actionnaires stables, les salariés sont le deuxième actionnaire avec près de 4% du capital.

La faible capitalisation actuelle et l’absence de noyau dur rendent France Télécom vulnérable aux OPA hostiles. Il est pourtant évident que le secteur va connaître une période de concentration.

La CFE-CGC soutient l’ADEAS* dans sa demande à la Direction de France Télécom de prendre toutes les dispositions nécessaires à la protection de l’épargne des salariés. Au regard de la loi Sarkozy autorisant le déblocage anticipé de la participation, suite à la chute du cours de bourse, les salariés ont vu leur épargne disponible fondre de 25% depuis le 1er janvier !

Conclusion

Plus que jamais il apparaît nécessaire que la Direction de France Télécom et l’État répondent aux demandes exprimées régulièrement par la CFE-CGC à savoir :

- la mise en œuvre d’une véritable politique industrielle, seule garantie de la pérennité du groupe France Télécom

- l’arrêt de la politique de distribution de dividendes qui affaiblit l’entreprise et sa capitalisation,

- le maintien de la participation de l’État, respectueux de ses devoirs d’actionnaire de référence,

- la constitution d’un actionnariat solide et stable,

- la protection de l’actionnariat et de l’épargne des salariés

*Association de Défense de l’Épargne et de l’Actionnariat des Salariés : 80 000 salariés possèdent des actions France Télécom

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