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dividendes

14 mai
2012

L’ADEAS et la CFE-CGC/UNSA proposent à la Société Générale de voter le dividende à 1 euro à France Télécom SA

par: Hélène Marcy et Patrice Brunet - thème: Communiqué de presse,L'action de l'ADEAS - mots clefs: actionnariat > actionnariat salarié > Assemblée générale > dividendes - 0 commentaire

Selon les obligations définies par l’AMF, la Société Générale vient d’indiquer la montée de la banque au capital de France Télécom « dans le cadre de ses activités de négociation » :  la banque détient désormais 159.475.905 actions France Télécom et 6,02% des droits de vote de la société.

La réaction des marchés à cette acquisition (l’action France Télécom a perdu 1,5% le jour de l’opération) indique qu’il pourrait s’agir d’une pure opération spéculative permettant à la banque de toucher le solde du dividende au titre de l’exercice 2011, qui sera versé le 13 juin prochain.  Rappelons que la Deutsche Bank avait procédé à une opération similaire en septembre 2010, revendant ses actions immédiatement après le détachement du coupon.

A l’initiative de la CFE-CGC/UNSA et de l’ADEAS, qui défendent la baisse du dividende depuis plusieurs années, les personnels actionnaires proposent, dans la résolution « A » qui sera présentée au vote des actionnaires de France Télécom le 5 juin prochain, de passer le dividende à 1 euro par action, au lieu de 1,40 proposé par la Direction. Cela permettrait à l’entreprise de retrouver plus d’un milliard d’euros de marges de manœuvre pour investir ou se désendetter, dans un contexte économique difficile. C’est en outre la meilleure façon de garantir à l’ensemble des actionnaires la préservation de leur patrimoine.

126 millions d’euros dilapidés en pure spéculation ?

Le 25 août 2010, la Deutsche Bank était également montée à 5,07% du capital de France Télécom… pour redescendre à 3,25% le 31 du même mois. Dans l’intervalle, elle avait empoché 80 millions d’euros au titre de l’acompte sur dividende. Voilà à quoi sert un dividende élevé : à alimenter la spéculation sur les marchés, pendant que le cours de l’action ne cesse de chuter ;  la distribution du dividende ampute en effet les fonds propres de l’entreprise, et se répercute mécaniquement sur le cours de l’action.

Selon le montant de 1,40 euro proposé par la Direction de France Télécom à l’Assemblée Générale des actionnaires le 5 juin prochain, le solde du dividende au titre de l’exercice 2011 s’élèvera à 0,80 euro (0,60 euro par action ayant déjà été versé en septembre 2011 à titre d’acompte). Les 159.475.905 actions détenues par la Société Générale lui permettraient ainsi de toucher très exactement 127 580 724,00 € de coupon le 13 juin prochain.

La Société Générale envisage-t-elle le même type d’opération spéculative que la Deutsche Bank ? C’est ce qu’ont dû penser les marchés, qui ont immédiatement sanctionné cette soudaine montée au capital, le cours de l’action France Télécom perdant 1,51% à la clôture le jour même de l’opération.

La Société Générale ne versera pas de dividende au titre de l’exercice 2011

Les dirigeants de la Société Générale ont bien compris l’intérêt de conserver le résultat dans l’entreprise, particulièrement en temps de crise :  la banque a annoncé en novembre dernier qu’elle ne verserait pas de dividende au titre de l’exercice 2011, pour renforcer ses fonds propres d’environ 500 millions d’euros.

C’est pourquoi la CFE-CGC/UNSA et l’ADEAS (Association pour la Défense de l’Épargne et de l’Actionnariat des Salariés de France Télécom-Orange) ont écrit à Monsieur Oudéa, PDG de la Société Générale, pour lui demander de soutenir et de voter la résolution des actionnaires salariés, qui vise non à supprimer tout dividende à France Télécom, mais à le ramener à 1 euro par action pour l’exercice 2011.

Une politique de dividende extravagante à France Télécom…

La politique de dividende extravagante menée depuis plusieurs années conduit France Télécom à exiger de ses filiales, y compris celles qu’elle ne possède pas à 100%, la remontée de tout leur résultat dans les comptes consolidés. En retour, les actionnaires au titre des participations minoritaires demandent à percevoir leur dividende. L’entreprise devrait donc verser non seulement 3,7 milliards d’euros aux propriétaires de la maison mère, mais également près de 700 millions d’euros aux propriétaires des participations ne donnant pas le contrôle de l’entreprise.

Avec un dividende à 1,40 euro par action, France Télécom devra donc débourser près de 4,4 milliards d’euros de dividendes au titre de l’exercice 2011… pour un résultat net d’un peu plus de 3,8 milliards d’euros pour la même période !!

… au détriment de l’entreprise et des actionnaires stables !

Le 16 avril dernier, Les Échos notaient que l’action France Télécom avait perdu 60% de sa valeur depuis 2007. Depuis cet exercice, le dividende s’est envolé, passant d’abord à 1,30 pour 2007, puis à 1,40 euro par action de 2008 à 2011 inclus, si l’on s’en tient au montant proposé par le Conseil d’administration pour l’exercice écoulé. Sur 5 ans, cela représente une distribution de 6,90 euros par action, sans compter les frais financiers générés par les opérations de paiement, et, régulièrement, les emprunts dédiés au versement d’un acompte. Le cours de l’action pourrait donc se situer aujourd’hui entre 17 et 18 euros si aucun dividende n’avait été distribué pendant cette période, au lieu des 10,50 euros auxquels elle stagne aujourd’hui.

Les actionnaires stables, dont les personnels actionnaires ou les petits porteurs issus des opérations de privatisation, n’y auraient rien perdu : leur capital aurait été préservé. L’entreprise aurait conservé 18 milliards d’euros de fonds propres, utilisables pour investir et/ou se désendetter, et serait en outre mieux protégée contre une éventuelle OPA hostile. Les fonds propres des filiales, que la maison mère n’aurait pas eu besoin de siphonner, auraient également été renforcés. L’État y aurait perdu du cash, mais aurait maintenu le patrimoine de l’Agence des Participations de l’État, et la capacité d’investissement du Fonds Stratégique d’Investissement, qui lui permet d’investir dans les entreprises qu’il souhaite soutenir.

Les personnels actionnaires de France Télécom proposent le dividende à 1 euro…

Conscients des effets délétères d’un dividende trop élevé, et à l’instigation de la CFE-CGC/UNSA et de l’ADEAS qui défendent cette position depuis plusieurs années, les représentants du personnel dans les Conseils de Surveillance des fonds d’épargne salariale ont demandé que le dividende soit ramené à 1 euro par action, dès l’exercice 2011. Ils souhaitent avant tout assurer la pérennité de l’entreprise et sa capacité à investir, tant dans les infrastructures qui lui permettront de rester un opérateur significatif que dans l’innovation au service de ses clients.

La Direction a du se résoudre à les voir proposer une résolution qui fixe le dividende à 1 euro par action, au lieu de 1,40. Cette résolution « A » sera soumise au vote de l’Assemblée générale des actionnaires le 5 juin prochain, en alternative à la résolution 3 proposée par le Conseil d’administration.

L’adoption de cette résolution permettrait à France Télécom de renforcer ses fonds propres d’1 milliard d’euros.

… et espèrent qu’une majorité d’actionnaires voteront leur résolution,
à commencer par l’État

Les précédentes Assemblées générales ont montré qu’il était difficile aux personnels de faire entendre un point de vue divergent de celui du Conseil d’Administration : leurs précédents votes contre le dividende à 1,40 euro n’avait été suivi ni par l’État, ni par les petits porteurs qui se plaignaient pourtant amèrement, et à juste titre, de la chute du cours de l’action.

Les personnels actionnaires espèrent que le nouveau gouvernement aura une politique plus éclairée à l’égard de France Télécom, et que l’ensemble des actionnaires, notamment ceux qui ont eu confiance dans notre entreprise lors de sa privatisation, comprennent mieux aujourd’hui les mécanismes des marchés financiers : la crise aura au moins eu le mérite de mettre en lumière leurs excès et leurs pratiques délétères pour les entreprises et les États, au détriment des salariés, des citoyens… mais aussi de tous les investisseurs prêts à accompagner loyalement le développement industriel des entreprises dont ils sont copropriétaires.


Télécharger :

  • le communiqué en PDF
  • la copie du courrier à la Société Générale
09 mai
2012

La gouvernance des entreprises, une affaire trop sérieuse pour y faire participer les salariés ?

par: Hélène Marcy et Patrice Brunet - thème: Nos analyses,Revue de Presse - mots clefs: actionnariat salarié > Assemblée générale > dividendes > gouvernance - 2 commentaires

Dans Le Monde de ce jour :

La participation des salariés aux instances dirigeantes d’une entreprise est-elle un facteur d’amélioration de sa performance ? Alors que la crise économique remet en question les rôles respectifs du capital financier et du capital humain dans le développement et la conduite de l’activité, la question est, en théorie, loin d’être saugrenue.

[...] si neuf groupes européens sur vingt admettent bien un représentant du personnel au sein de leur conseil d’administration (CA), ils ne font là qu’obéir à une contrainte légale, et non à une conception renouvelée de la gouvernance.

Cette contrainte légale n’existe que pour les entreprises allemandes (loi sur la cogestion du 4 mai 1976 pour les entreprises de plus de 2 000 salariés, loi sur la constitution du travail de 1952 pour les plus de 500 salariés – toutes deux imposent 50 % d’administrateurs actionnaires et 50 % d’administrateurs salariés) et pour les entreprises françaises qui ont été privatisées (article 8-1 de la loi du 6 août 1986 relative aux modalités des privatisations).
En dehors de ces cas, aucun représentant du personnel n’est membre du CA – chez Sanofi, les cinq représentants des salariés y assistent « avec voix consultative ».

[...]

Face aux représentants des actionnaires, celui des salariés est, selon Jean-Philippe Desmartin, la garantie pour l’investisseur de long terme de voir prises en compte « la mémoire de l’entreprise, face à un top management dont le taux de rotation s’accélère constamment » et « une forte aversion à une trop grande prise de risques »…

« GARDE-FOU »

Pour Thierry Raes, directeur du département développement durable de PwC, cette présence est « un élément facilitateur du dialogue social » et un « garde-fou » contre la prise en compte unilatérale des intérêts financiers au détriment de l’objet social de l’entreprise. Sans que cela nuise aux bénéfices : « Les entreprises allemandes ne sont pas les moins performantes en Europe », dit M. Desmartin.

Lire l’article dans son intégralité dans Le Monde

Nos commentaires

Rappelons que France Télécom fait partie des entreprises auxquelles la loi impose d’avoir des représentants des salariés dans son Conseil d’Administration. Quatre des 15 membres du CA de France Télécom assurent ce rôle : 3 sont directement élus par les personnels (les dernières élections datent de 2009), le quatrième représente les personnels actionnaires, et est en théorie désigné par les représentants des personnels dans les Conseils de Surveillance des fonds de l’épargne salariale, mais nous avions déjà dénoncé ici-même la manière dont la Direction avait pesé, en 2010, sur la désignation de l’actuel représentant.

Les choses avancent lentement, puisque cette année, les Conseils de Surveillance des fonds ont pu présenter une résolution, pour une baisse du dividende à 1 euro, à la prochaine Assemblée Générale des actionnaires, la Direction ayant laissé les représentants des personnels voter librement leur décision dans les Conseils de Surveillance.

L’ADEAS en la matière apporte son entier soutien à la CFE-CGC/UNSA, qui continue de se battre pour que la voix des personnels soit entendue et prise en compte dans la gouvernance de l’entreprise. Nos positions sont, comme le souligne l’article du Monde, en faveur d’une politique industrielle pérenne, garantissant l’avenir de l’entreprise sur le moyen-long terme, et s’inscrivant donc, en toute logique, contre le « siphonnage » des résultats par les actionnaires.

Le métier d’opérateur de télécommunications est un métier d’infrastructures qui nécessite des investissements conséquents dans les réseaux, et nous souhaitons donc qu’une part significative des résultats soit investie dans les nouveaux réseaux (fibre, 4G mobile), au bénéfice de tous. Et nous espérons donc que les actionnaires qui voteront à la prochaine Assemblée générale de France Télécom se rangeront à la résolution pleine de sagesse des personnels actionnaires en faveur d’une baisse du dividende. En effet, laisser le dividende à 1,40 euros au titre de l’exercice 2011, c’est distribuer plus que les résultats de l’année (près de 4,4 milliards d’euros de dividendes lorsqu’on y inclut les intérêts minoritaires, pour 3,8 milliards de résultat net). Et c’est donc non seulement obérer les capacités d’investissement de l’entreprise, mais aussi contribuer à la baisse du cours de l’action, ce qui détruit la valeur des actifs détenus par l’ensemble des actionnaires de France Télécom, salariés ou non de l’entreprise.

02 mai
2012

Peut-on faire confiance aux actionnaires-salariés pour fixer le dividende ? Le cas de France Telecom

par: Hélène Marcy et Sébastien Crozier - thème: Revue de Presse - mots clefs: actionnariat salarié > Assemblée générale > dividendes > stratégie - 2 commentaires

Le versement de dividendes aux actionnaires fait débat, aussi bien dans la littérature académique que dans le monde politique. Le cas récent de la politique de dividende de France Télécom, une entreprise où l’actionnariat salarié est fort, est emblématique de cette problématique.

[...]

Ainsi, le fonds d’épargne des salariés de France Télécom, qui détient 4,6 % du capital de l’entreprise, va proposer lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires, le 5 juin 2012, de réduire le dividende versé par l’opérateur au titre de l’exercice 2011. Alors que la direction de France Télécom prévoit de verser 1,40 euro par action, les actionnaires salariés estiment que le montant devrait être ramené à 1 euro par action. Rappelons que l’Etat détient directement et indirectement 27 % du capital de l’opérateur et que 68,4 % est dans les mains d’actionnaires ordinaires.

Le débat sur le montant du coupon à verser se concentre sur l’utilisation du cash flow de l’entreprise : « Bientôt nous aurons un nouveau gouvernement, il devra décider si France Télécom doit continuer à être une vache à lait ou alors une entreprise florissante qui investit », indique le délégué syndical CFE-CGC/Unsa, qui, conjointement avec les autres représentants des employés, est à l’origine de cette initiative qui se place résolument dans la défense de l’entreprise. De son côté, le PDG de France Télécom s’était engagé auprès des investisseurs à maintenir le dividende jusqu’en 2012.  Il a prévenu fin février que, compte tenu des incertitudes économiques, le groupe le diminuerait l’an prochain mais qu’il resterait de 1,40 euro cette année. Avec un coupon de 1,40 euro et un cours de 10,4 euros (27 avril 2012), le rendement de l’action France Télécom ressort à 13,5 %, un record quand on sait que le taux de l’OAT est de 3 %. Un rendement très attractif, pour autant que le titre conserve sa valeur ! Ce coupon correspond également à un taux de distribution record du résultat net de 95 %.
Réduire de 40 centimes le dividende permettrait à France Télécom de réduire de 1 milliard d’euros le montant à verser à ses actionnaires et d’investir cette somme dans de nouveaux projets. La proposition des actionnaires salariés revient clairement à privilégier l’entreprise et ses capacités d’investissement. Mais est-ce aussi simple ?

[...]

Une chose est sûre : ce n’est pas uniquement avec un dividende généreux qu’ils satisferont longtemps leurs actionnaires. Une politique de dividende ne peut se substituer à une politique industrielle défaillante à long terme. Finalement, la question posée par les actionnaires salariés est pertinente car elle interpelle leurs dirigeants sur les projets d’avenir de leur entreprise et c’est bien là le fond du problème.

Un intéressant article à lire in extenso dans Les Échos – Le Cercle (y compris l’échange entre spécialistes dans les commentaires).

07 avr
2012

Orange : baisse du dividende

par: Hélène Marcy - thème: L'action de l'ADEAS,Revue de Presse - mots clefs: actionnariat salarié > Assemblée générale > dividendes - 0 commentaire

Les actionnaires salariés d’Orange, qui détiennent 4,6% du capital de l’opérateur, vont proposer lors de la prochaine assemblée générale en juin une baisse du dividende, a annoncé l’Association pour la défense de l’épargne et de l’actionnariat salarié (Adeas) du groupe.

[...]

« C’est la première fois dans cette entreprise, et même la première fois à ma connaissance dans une entreprise du CAC 40, qu’il va y avoir en assemblée générale deux résolutions différentes sur le dividende, une émanant de l’actionnariat salarié et l’autre du conseil d’administration », a souligné à l’AFP Sébastien Crozier, responsable du syndicat CFE CGC-Unsa d’Orange.

En février dernier, le PDG d’Orange Stéphane Richard avait indiqué que la « politique » de distribution des dividendes aux actionnaires n’était pas « gravée dans le marbre » et pourrait donc être ajustée. Il avait notamment évoqué le changement de « paysage » causé par l’arrivée sur le marché de l’opérateur Free Mobile.

Lire la dépêche complète sur le site du Figaro.

06 avr
2012

Après 3 ans de bataille, la voix des personnels actionnaires sera entendue à l’Assemblée Générale de France Télécom.

par: Hélène Marcy - thème: Communiqué de presse,L'action de l'ADEAS - mots clefs: actionnariat salarié > Assemblée générale > dividendes - 2 commentaires

5% du capital de France Télécom est détenu par les personnels de l’entreprise

Les personnels actionnaires de France Télécom possèdent un peu plus de 4,6% du capital de l’entreprise, soit environ 1,2 Milliards d’euros en actions France Télécom.

Ces actions sont gérées dans le cadre d’un fonds d’épargne salariale, dans lequel le Conseil de Surveillance est paritaire : les représentants des personnels actionnaires disposent de 50% des voix, comme les représentants de la Direction.

Des statuts contraires aux recommandations de l’AMF

Contrairement aux recommandations de l’Autorité des Marché Financiers (AMF), les personnels n’ont pas la majorité des voix, ce qui permet à la Direction d’intervenir dans les décisions importantes des personnels actionnaires, avec un conflit d’intérêt évident.

Malgré la demande unanime des organisations syndicales représentatives au sein de l’entreprise, la Direction a refusé de modifier le règlement du fonds pour donner une voix prépondérante aux salariés. Elle prétexte que l’AMF est encore en réflexion.

L’engagement verbal de laisser les représentants du personnel voter seuls en cas de conflit d’intérêt

Face aux demandes réitérées des représentants du personnel,  elle a fini par accepter de ne pas prendre part aux votes en cas de conflit d’intérêt, se conservant toutefois une marge d’interprétation, le règlement du fonds n’ayant pas été modifié. Elle a cependant tenu parole cette année, laissant les représentants du personnel voter seuls.

Tentés d’intervenir pour le choix du Président du fonds France Télécom Actions, et face à la détermination des représentants du personnel, les représentants de la Direction ont demandé une interruption de séance. Après 23 minutes, ils ont accepté de ne pas prendre part au vote.

Pour la première fois, le fonds a ainsi pu choisir son Président en toute indépendance, et, surtout, proposer une résolution à l’Assemblée Générale des actionnaires, comme le permet la loi pour tout actionnaire possédant 0,5% des voix.

Pour la première fois, les personnels actionnaires présenteront une résolution à l’AG des actionnaires de France Télécom en juin prochain

La résolution des personnels actionnaires proposera de ramener le dividende à 1 €, au lieu de 1,40 €, montant versé chaque année depuis l’exercice 2008.

Rappelons qu’au titre de l’exercice 2009, l’entreprise a versé des dividendes supérieurs aux résultats nets de l’entreprise, et qu’au titre de l’exercice 2011, c’est encore 96% du résultat net qui serait versé en dividendes, soit 3,7 milliards d’euros, si le montant de 1,40 euro était voté.

Parmi les représentants des personnels, 4 organisations syndicales ont voté pour cette résolution, une organisation s’est abstenue, considérant qu’elle n’avait pas de certitude quant au montant pertinent à proposer, mais d’accord sur le principe de la baisse.

La résolution A, présentée par le Fonds d’actionnariat salarial FT Actions proposera le dividende à 1 euro par action

« Amendement à la résolution n° 3 (Affectation du résultat de l’exercice clos le 31 décembre 2011, tel que ressortant des comptes annuels) présentée par le Conseil d’administration à l’Assemblée Générale Mixte des Actionnaires du 5 juin 2012

 

La baisse des résultats 2011 de France Télécom, par ailleurs conforme aux objectifs, a eu une conséquence automatique sur la participation des personnels, qui s’ajoute à une décision de baisse des rémunérations annexes dès 2012 pour un total d’environ 1 000 euros par salarié. Les actionnaires ne verront un impact qu’en 2013.

 

Pour un meilleur partage des résultats de l’entreprise entre salariés et actionnaires, et pour investir dans des nouveaux relais de croissance, en lieu et place du dividende proposé à la troisième résolution, l’Assemblée Générale décide :

(i)        de verser aux actionnaires, à titre de dividende, 1,00 euro par action et d’affecter le solde du bénéfice distribuable au poste « Report à nouveau » ; et

(ii)       prend acte que, compte tenu de l’acompte sur dividende d’un montant de 0,60 euro par action mis en paiement le 8 septembre 2011, le solde du dividende à distribuer s’élève à 0,40 euro par action.« .

 

Cette résolution constitue un premier pas dans l’expression enfin reconnue de la volonté des personnels actionnaires.

L’ADEAS et la CFE-CGC/UNSA, qui partagent la même vision, feront tout pour qu’il y en ait d’autres : il doit y avoir un partage équitable des richesses produites entre les actionnaires et les personnels.

Il faut surtout conserver dans l’entreprise les moyens suffisants pour déployer la stratégie industrielle qui permettra d’assurer la pérennité de l’entreprise, et de développer les produits et services attendus par ses clients.

En baissant le dividende de 40 centimes, nous espérons libérer plus d’un milliard d’euros, que nous souhaitons voir intégralement réorientés vers l’investissement.

  • Télécharger le communiqué en format pdf :
    Communique-ADEAS_Resolution-pour-dividende-a-1-euro_6avril2012
15 mar
2012

Lettre Comprendre & Agir « spécial rétribution »

par: Hélène Marcy et Sébastien Crozier - thème: Lettre d'information,Nos analyses - mots clefs: abondement > actionnariat salarié > dividendes > intéressement > participation > PEG > perco > rémunération - 0 commentaire

Tandis que la négociation annuelle sur les salaires bat son plein à France Télécom SA et nombre de filiales du Groupe, la CFE-CGC/UNSA a préparé un dossier complet sur la rétribution dans le Groupe France Télécom-Orange, y compris le décryptage de l’épargne et de l’actionnariat salariés, qui vous intéressera sûrement.

Bonne lecture !

Au sommaire :

  • Edito : rétribution, le bal des menteurs ?
  • Comprendre ce qu’on gagne : de plus en plus complexe.
    Dossier explicatif en 3 chapitres :

    • Rémunération
    • Epargne & actionnariat
    • Prestations sociales & avantages en nature

Télécharger la lettre en pdf : pdf ComprendreAgir_special-remu_T2-2012

09 mar
2012

France Télécom : Toujours ce drôle de calcul

par: Hélène Marcy et Sébastien Crozier - thème: Revue de Presse - mots clefs: bourse > dividendes - 0 commentaire

L’année passée nous avions expliqué qu’il fallait se méfier des rendements trop généreux, la société en étant un très bon exemple ; rapporté au cours de l’action, son rendement du dividende était passé au fil du temps de 5,65 % en 2008, à 7,81 % en 2009, puis 8,31 % en 2010. Cette année, il fait encore mieux ; le dividende annoncé, maintenu à 1,40 €, rapporté à un cours de 11,75 €, procure un rendement de 11,91 %, soit quatre fois celui d’une OAT française. Et une fois encore, l’on trouve chez les analystes et dans la presse des recommandations d’achat de l’action « pour le rendement ». Toujours ce drôle de calcul. Parce qu’entretemps, de février 2008, date de l’annonce de la distribution, à aujourd’hui, le cours est revenu de 23 à moins de 12 €, soit pratiquement une perte de valeur de 50 %, loin d’avoir été compensée par la somme des dividendes perçus depuis (5,50 €).

Mais cette année, les choses vont peut-être changer puisque la direction a prévenu que les prochains dividendes seraient réduits, les estimant entre 1,20 et 1,35 € à partir de l’exercice en cours. Serait-ce enfin le retour de la hausse pour le cours de l’action ? Il faut dire qu’avec une capitalisation boursière de 30 Md€ pour un chiffre d’affaires de 43 à 45 Md, l’affaire n’est pas chère payée, la valeur de l’action est légèrement plus élevée que l’actif net, de l’ordre de 10,50 €.

Lire la suite de cette analyse sur zonebourse

Notre commentaire :  il est notoire que les opérateurs de télécommunications sont sanctionnés depuis déjà plusieurs années en matière de capitalisation boursière. Bien plus sévèrement évalués que les « pure players » de type Google par exemple. Mais nous partageons la conviction que le dividende élevé n’est en aucun cas un bon calcul, ni pour l’opérateur, qui s’ampute d’un cash nécessaire à l’investissement – conséquent dans les télécoms -, ni pour l’actionnaire, dont la vraie rémunération est en effet la hausse du cours de l’action.

La crise financière et économique permettrait-elle de revenir aux fondamentaux qui permettent de déployer une stratégie industrielle ? En tant que personnels actionnaires, nous ne pouvons que le souhaiter !

22 fév
2012

Résultats financiers 2011 : France Télécom annonce la baisse des prochains dividendes. Insuffisant !

par: Hélène Marcy et Sébastien Crozier - thème: Communiqué de presse,Nos analyses - mots clefs: dividendes > résultats - 0 commentaire

La présentation des comptes du 2011 démontre à l’évidence que France Télécom – Orange n’a toujours pas retrouvé le chemin de la croissance :

  • nouvelle baisse du chiffre d’affaires (en données brutes),
  • forte baisse de l’ebitda…
  • accroissement du poids de   l’endettement : le ratio dette/ebita repasse au dessus de 2…,
  • poursuite du démantèlement du groupe avec la cession d’Orange Suisse et Orange Autriche…

Et ce alors que le marché des télécommunications est globalement en croissance dans le monde.

Ces résultats sont l’expression de la politique dictée par ses actionnaires principaux que sont l’État et le FSI qui en continuant à exiger des dividendes abracadabrantesques empêchent l’investissement et le retour de la croissance…

Pour la troisième année consécutive, les bénéfices d’exploitation de l’entreprise (3,8 milliards) serviront donc dans leur quasi-totalité à verser des dividendes d’un montant de 3,7 milliards… Apple et Google quant à eux ne versent toujours pas de dividendes…

La CFE-CGC/UNSA et l’ADEAS proposent depuis plusieurs années de desserrer l’étau imposés par des actionnaires prédateurs.

Devant la dégradation de la performance de l’entreprise au regard de la maturité des marchés dans lesquels France Télécom est installé, il n’y a plus d’autres choix pour la Direction que se suivre le chemin de Deutsche Telekom et de Telefonica et de baisser le dividende pour 2013.  C’est ce qu’elle vient d’annoncer…

  • Télécharger le communiqué en pdf : Communiqué de Presse – Résultats financiers 2011 – 22 février 2012
17 fév
2012

France Télécom condamné à réduire son dividende?

par: Hélène Marcy - thème: Revue de Presse - mots clefs: dividendes - 1 commentaire

Pour les experts de Groupama Asset Management, les opérateurs télécoms européens doivent privilégier les investissements dans les réseaux au détriment de la rémunération des actionnaires. France Télécom est sous pression pour réduire son dividende.

[...]

Les syndicats vent debout contre ce dividende jugé « exorbitant »

Or les syndicats de l’opérateur historique critiquent depuis plusieurs années [...] « le montant exorbitant du dividende, supérieur au bénéfice courant, qui entrave le développement de l’entreprise » selon la CFE-CGC Unsa qui a appelé à voter contre ce dividende à la dernière assemblée, proposant de le ramener à 1 euro contre 1,40 euro depuis 2008, soit une somme totale de 3,7 milliards d’euros, dont 1 milliard revient à l’Etat, premier actionnaire avec 27% du capital. Les analystes de Groupama AM remarquent que le rendement élevé des opérateurs télécoms européens (de l’ordre de 12%) n’a pas empêché la forte baisse de leurs cours de Bourse.

Texte intégral de l’article dans La Tribune du 15/02/2012

Les constats que nous formulons depuis bientôt 3 ans étant désormais partagés par les analystes financiers, après avoir été repris par le régulateur, nous espérons que l’année 2012 verra le retour à un dividende raisonnable, permettant à France Télécom d’investir pour le futur…

13 jan
2012

France Télécom : L’Etat doit choisir entre dividende et investissements

par: Hélène Marcy et Sébastien Crozier - thème: Nos analyses,Revue de Presse - mots clefs: dividendes > Etat - 4 commentaires

Commençons l’année par un mini-quizz. Qui donc a dit :

« Si l’Etat, qui est le principal actionnaire de France Télécom, souhaite que cet opérateur maintienne ses investissements à un haut niveau, il peut accepter une baisse du dividende: il a clairement un choix à faire. Ce serait un signal important »

Si vous pensez que c’est l’ADEAS ou la CFE-CGC/UNSA, vous n’avez pas tort : nous réclamons la baisse du dividende depuis 2009, et un balayage du tag « dividendes » sur ce blog vous permettra de vérifier que nous avons longuement insisté sur ce thème au fil des années.

Mais en ce début d’année 2012, c’est… Jean-Ludovic Silicani, Président de l’ARCEP, l’autorité de régulation des télécoms en France, qui a énoncé cette petite phrase dans un entretien publié dans Les Échos, et repris par Reuters.

2012 année de la raison ? Nous formulons tous nos vœux pour que ce soit le cas, et vous souhaitons à tous une belle et bonne année.

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